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La Basilique ND des Tables

NOTRE DAME DES TABLES

Patronne de la Ville de Montpellier

I - Historique

Sur l'emplacement de l'actuelle place Jean Jaurès s'élevait, de 1090 à 1794, l'église Sainte-Marie, devenue en 1204 Sainte-Marie des Tables, puis Notre-Dame des Tables. Il ne subsiste de l'ancien édifice que quelques vestiges de la crypte et des caveaux funéraires.

Ce sanctuaire privilégié fut, avec Saint-Nicolas, la première église de la ville à être mentionnée, en 1090, date de la restitution à l'évêque de Maguelone, Godefroy, des églises usurpées par Guilhem seigneur de Montpellier.

En 1096, Guilhem V consacre la ville à la Vierge Marie ; son successeur, Guilhem VI, au retour de sa croisade en 1129, dote l'église d'une Vierge Noire qu'il aurait rapportée de Terre Sainte et que les fidèles vénèrent dès lors comme miraculeuse sous le nom de "Magestat Antiqua". Guilhem VII, vers 1157, entreprend la reconstruction de l'église ; en 1189, l'évêque de Maguelone, Jean de Montlaur, institue la Fête des Miracles de Notre-Dame des Tables fixée au 31 août.

Au Moyen-Âge, autour de l'église Sainte-Marie, étape sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, se dressaient les tables des changeurs de monnaie et les étals des marchands. Cet environnement signalait le sanctuaire parmi d'autres et le nom de "Notre-Dame des Tables" lui est resté.

L'église reste étroitement liée à l'histoire de la ville. Véritable "Ecclesia matrix" de la cité dont elle marquait le centre, en bordure de la via Francisca (actuelle rue de l'Aiguillerie), vers Nîmes et l'Italie, et la rue Daurade (actuelle rue de la Loge), vers la mer et l'Espagne.

C'est ici que, le 15 août 1204, Pierre d'Aragon accorde la charte consacrant les libertés de la vie communale, que les consuls prêtent serment lors de leur élection et que sont accueillis les visiteurs de marque de passage à Montpellier. Montpellier devient alors une démocratie administrée par 12 consuls, élus annuellement par l'assemblée des corps de métiers organisés. Dès 1218, l'effigie de la Vierge en Majesté (assise et présentant son Fils entre l'Alpha et l'Oméga) figure sur le sceau du Consulat. La légende circulaire de l'avers contient une invocation : "Virgo mater, natum ora, ut nos juvet omni hora" (Vierge Notre Mère, prie ton Fils de nous venir en aide à toute heure).

Lors de la croisade albigeoise, les consuls placent la ville sous la double protection du roi de France et du Saint-Siège. En 1224, Notre-Dame des Tables accueille d'ailleurs le concile qui marque la suspension du conflit. Son inscription au nombre des sanctuaires où les hérétiques convertis peuvent faire pénitence amène alors un afflux supplémentaire de pèlerins.

Embelli et transformé aux XIV et XVèmes siècles, l'édifice fut reconstruit deux fois lors des guerres de religion : de 1560 à 1622, la crise religieuse qui secoue Montpellier entraîne Notre-Dame dans une série de désastres. Affectée au culte réformé sous le nom de "Temple de la Loge" en 1561, elle sera en partie détruite en 1568 et 1581, exceptée la tour de l'horloge construite en 1432. L'évêque de Montpellier, Guittard de Ratte, reprend possession de l'église en décembre 1600. La reconstruction commence entre 1605 et 1608. En 1621, elle est à nouveau détruite par les Protestants. Reconstruite entre 1650 et 1655, elle est détruite définitivement à partir de 1794.

Le titre prestigieux du sanctuaire marial disparu a été transféré en 1802 à l'ancienne chapelle du collège des Jésuites, qui devint l'église paroissiale Notre-Dame des Tables. La construction de l'édifice situé rue du Collège que l'on peut admirer aujourd'hui avait commencé en 1707 sous la direction de l'architecte Jean Giral.

Notre-Dame des Tables a été érigée en basilique mineure par le Pape Pie XII le 11 octobre 1939. L'ancien collège est devenu Lycée, puis ses bâtiments ont accueilli l'extension du Musée Fabre voisin. D'importants aménagements et agrandissements effectués récemment permettent d'y découvrir une riche collection d'œuvres intéressantes et de remarquables expositions temporaires.

II - Visite

Sur la façade, statue de st Joseph dans la niche latérale de gauche et celle de st Jean l'évangéliste à droite.

Chœur

- Retable de Baussan (1853) - Maître-autel en marbre de Baussan - L'Assomption de Perrin (1804, monument historique depuis 1911) est encadré à droite par la statue de st Roch, enfant de Montpellier ; à gauche par celle de st Firmin, évêque d'Uzès, co-patron de Montpellier. Sainte Table en onyx d'Algérie (1877) -

Sur les côtés du chœur, les stalles d'un artisan local, Fulcran (1900), sont surmontées des représentations des quatre évangélistes. - L'orgue de chœur est de Théodore Puget (1893) possède 2 claviers, un pédalier et 9 jeux.

Devant l'entrée du chœur, est gravé sur le pavé le monogramme des Jésuites : JHS (Jésus Sauveur des Hommes).

Chapelle de Notre-Dame

- La Vierge en marbre de Carrare vénérée dans la niche centrale est due au ciseau d'André Franzoni (1861), inspiré par la "Magestat Antiqua". Une reproduction du XIXe, en argent sur une âme de bois, de la Vierge de l'Orfèvre miraculeusement guéri en 1327, est exposée à l'occasion des fêtes mariales. Elle perpétue le souvenir de la Vierge Noire médiévale de Guilhem VI. Miracle de N-D. (le 10 septembre 1654, M. de Toiras tombé d'un échafaudage de l'église en construction, se relève sain et sauf).

Plaque commémorative de la consécration de l'église en Basilique mineure par le pape Pie XII, le 11 octobre 1939. Repos de la Sainte Famille pendant la fuite en Égypte (XVIIIe M.H. 1980)

Chapelle du Sacré-Cœur

- Le Christ en croix, entre la Vierge, st Jean et deux saints jésuites, Ignace de Loyola et François Xavier. Cette œuvre de François Guy (1634, M.H. 1911) est un des plus beaux tableaux de Crucifixion de la peinture française de cette époque après celles de Nicolas Tournier et Simon Vouet. À l'origine, ce tableau devait être celui du retable du maître-autel. _- Tableau, avec en fond le buste de st Vincent de Paul rappelant que cette chapelle fut celle des Dames de la Miséricorde._- Le Roi David (XVIIe)_- Confessionnal du XVIIIe.

Chapelle des Jésuites, construite au-dessus d'une crypte funéraire

- Saint François Xavier, œuvre de Bestieu, début du XIXe. Le saint meurt aux portes de la Chine, sur l'île de Sancian, le 3 décembre 1552._- Saint François Régis, prédicateur du Velay et du Dauphiné surnommé l'Apôtre du Vivarais, né à Fontcouverte près de Narbonne en 1597 et mort à La Louvesc en 1640. Il séjourna à Montpellier où un collège situé enclos Tissié Sarrus porte aujourd'hui son nom._- Une sainte en oraison non identifiée.

Chapelle des Saints locaux

- Saint Roch, par Marsal (1885)_- Saint Fulcran, évêque de Lodève.

Chapelle des Fonts baptismaux

- Saint Jean-Baptiste (copie de Vien, XVIIIe)_- Arrivée sous les murs de Montpellier du messager annonçant la bonne nouvelle de la prise d'Orléans par Jeanne d'Arc_- L'extase de saint François d'Assise (début du XIXe), copie d'après Gerard Zeegers, peinture flamande du Louvre, M.H. 1980.

Dernière chapelle

- Tableau représentant l'évêque de Montpellier, Guittard de Ratte, défendant l'ancien sanctuaire de N-D des Tables contre les Protestants pendant les émeutes de 1600._-Reliquaire d'un martyr des catacombes romaines : st Héliodore._- Adoration des Bergers (école de Van Loo, XVIIIe). Ce tableau succéda au Christ en croix dans le retable du maître-autel et y précéda l'actuelle Assomption, M.H. 1911._- Autel et statue provenant de la chapelle de la Citadelle. Placée sous la direction des Récollets et dédiée à N-D de Montaigut, cet oratoire n'existe plus depuis 1863. La caserne dans laquelle il se trouvait est devenue l'actuel Lycée Joffre._Naissance de la Vierge, école française, fin XVIIIe, M.H. 1980

Sous la tribune de l'orgue

- Mention de la consécration de l'église par Mgr Le Courtier, évêque de Montpellier, assisté par l'évêque d'Hippone et Constantine, en1871._- Plaque relatant le miracle dont bénéficia M. de Toiras (unique vestige de l'ancien sanctuaire).

III - L'Orgue de Tribune

L'orgue provient de l'ancienne abbaye de Saint-Thibéry. Après la Révolution française, après la destruction définitive de l'ancien Sanctuaire, Notre-Dame des Tables à la recherche d'un orgue pour ses cérémonies jeta d'abord son dévolu sur celui de Saint-Guilhem-le-Désert, ensuite sur celui de Saint-Thibéry. Grâce à Cambacéres, archichancelier de l'Empire intervenu auprès de Napoléon, cet instrument est transféré à Notre-Dame des Tables. Une inscription mentionnait sur l'instrument : "Ex dono imperatoris et benevolentia archi-cancelleri imperii gallici, hujus civitatis civis, anno Domini 1805".

Construit en 1751 il est désigné par tous les spécialistes sans crainte d'être démentis, comme l'orgue de Dom Bedos (moine bénédictin français 1709-1779, auteur du célèbre traité scientifique et technique sur la facture d'orgue). Il possède 3 claviers, un pédalier et 37 jeux. Son buffet a la particularité de présenter ses tourelles latérales géminées, l'une regarde la nef, l'autre fait retour sur les ailes.

Plusieurs facteurs renommés interviennent sur l'instrument. Jean-Pierre Cavaillé le restaure en 1782. Jean-François l'Épine assure son transfert depuis Saint-Thibéry en 1806. Prosper-Antoine Moitessier restaure les tuyaux et les sommiers en 1846. Théodore Puget le "romantise" en 1884. Maurice Puget ajoute de nouveaux jeux en 1934. Bertyl Soutoul relève quatre jeux d'anches du Récit en 1981, fait le relevage du Récit en 1986 et change le moteur de la soufflerie en 1994.

Les 19 jeux de Dom Bedos (1752-1759), la tuyauterie de Moitessier contenue dans la partie instrumentale de l'orgue et le buffet en noyer sculpté du XVIIIe siècle sont classés Monuments Historiques depuis 1975.